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Une étude réalisée en californie et à Hawaï en 2007 sur plus de 50 000 femmes montre une augmentation du risque de dévellopper un cancer du sein chez les femmes consommant le plus de pamplemousse par rapport à celles qui en consomment le moins1. De nombreux journaux ont repris à l'époque cette information. Elle est aujourd'hui démentie par une étude européenne portant sur 110 000 femmes publiée en août 20092. |
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Cause théorique
Le pamplemousse contient une substance active particulière: la bergamotine. La bergamotine a un effet inhibiteur sur le cytochrome P450 3A4 (CYP3A4) une enzyme du foie dont le rôle est de dégrader un nombre important de molécules actives (certaines hormones, certains médicaments, certains composés présents dans l'alimentation etc).
Théoriquement:
- Consommer du pamplemousse va baisser la production de CYP3A4
- La baisse de production de CYP3A4 va augmenter la quantité d'oestrogène circulant dans l'organisme.
- L'augmentation de la quantité d'oestrogène circulant dans l'organisme va accroître le risque de cancer.
Résultats de l'étude
consommation de pamplemousse (g par jour)
0 0 à 30 g 30 à 60 g 60g et plus Ptrend
Aucun THS
Nombre de cas
298
244
30
59
—
risque relatif (RR)
1.00
1.19 (1.00–1.41)
0.87 (0.59–1.27)
1.44 (1.08–1.93)
0.038
THS dans le passé
Nombre de cas
133
91
17
18
—
risque relatif (RR)
1.22 (0.99–1.50)
1.13 (0.88–1.43)
1.44 (0.87–2.37)
1.17 (0.72–1.92)
0.97
THS en cours
Nombre de cas
125
109
19
22
—
risque relatif ( RR)
1.56 (1.21–2.01)
1.70 (1.29–2.23)
1.85 (1.06–3.25)
2.12 (1.29–3.49)
0.22
E+P en cours
Nombre de cas
238
191
29
34
—
Adjusted RR1
2.01 (1.69–2.40)
2.09 (1.73–2.51)
2.48 (1.72–3.58)
2.55 (1.80–3.63)
0.1
Le lien entre consommation de pamplemousse et cancer du sein est nette chez les femmes ayant suivi un traitement hormonal substitutif (THS).
En revanche la corrélation entre risque de cancer et consommation de pamplemousse chez les femmes ne suivant aucun traitement hormonaux substitutif (THS) n'est pas linéaire. La consommation de pamplemousse entre 30g et 60g par jour étant associée à une baisse du risque de cancer du sein.
Limites méthodologiques
L'étude a été réalisée à hawaii et en californie et intègre un très grand nombre d'américaines d'ascendance japonaise (14900 contre 11700 américaines d'ascendance caucasienne). La consommation de pamplemousse est un marqueur "d'américanisation" des pratiques alimentaires: en comparant les plus grandes consommatrices de pamplemousse avec celles qui en consomment le moins on tend à comparer des femmes ayant un régime alimentaire plutôt américain et des femmes ayant plutôt un régime alimentaire proche de la tradition japonaise. Or certains éléments typiques de l'alimentation asiatique ont un effet preventif important contre le cancer du sein (comme la consommation de thé vert par exemple) ne sont pas pris en compte.
Travaux ultérieurs
Une étude réalisée en europe sur 110000 femmes et publiée en 2009 a montré au contraires une légère baisse du risque de cancer du sein chez les consommatrices ( baisse de 5%) qui n'apparait pas significative.
Sources
2 Prospective study of the association between grapefruit intake and risk of breast cancer in the European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition (EPIC). Cancer Causes Control. 2009
3 Potent inhibition of human cytochrome P450 3A4, 2D6, and 2C9 isoenzymes by grapefruit juice and its furocoumarins. J Food Sci. 2007